LES COQUILLAGES ET LA MYTHOLOGIE

Depuis Aristote et Pline l‘Ancien, les coquillages ont été décrits, étudiés dans tous leurs détails, à tous les niveaux de la connaissance : anatomie, physiologie, classification, répartition géographique, mœurs, culture, ou encore, élevage, industrialisation, consommation, arts, alimentation, …

On sait qu’Aristote, au IVème siècle av. J.-C., avait un intérêt soutenu pour les coquillages et qu’il possédait de nombreux spécimens de Méditerranée. Cet observateur passionné, écrivit le premier compte-rendu détaillé sur l’anatomie et les habitudes de nombreux mollusques marins dans son « Histoire des animaux » (332 av. J.-C.), qui demeura pendant près de deux mille ans, le livre de référence d’histoire naturelle. Puis fut publié en 1681, par Philippo Buonanni un prêtre jésuite de Rome, le premier livre entièrement consacré aux coquillages marins : « Délassement des yeux et de l’esprit par l’étude des coquillages » (voir illustration). Aristote inventa pour les céphalopodes, le mot « Malachia », qui donna finalement le mot « mollusques » que nous employons actuellement. A l’âge de treize ans, Alexandre, futur roi de Macédoine fut mis sous la tutelle d’Aristote qui lui apprit à s’intéresser à la vie marine. On dit qu’Alexandre possédait un énorme cylindre en verre qui lui permettait d’observer la vie des fonds marins.

Cicéron fut peut-être le premier à parler du plaisir de réaliser des collections. Il évoqua deux consuls romains, Laelins et Scipion, qui ramassaient ensemble des coquillages, dans la station balnéaire de Gaeta en Italie, au IIème siècle av. J.-C.

Pline l’Ancien, célèbre naturaliste, était connu pour collectionner les coquillages. Dans son ouvrage d’histoire naturelle en 37 volumes, une partie est consacrée aux mollusques et à leurs coquilles. Pline l’Ancien mourut à Pompéi, lors de l’éruption du Vésuve en 79 ap. J.-C. Mille huit cent ans plus tard, au cours de fouilles, on découvrit un certain nombre de coquillages de Méditerranée au côté de coquillages de la Mer Rouge et de l’Océan Indien, constituant la collection de Pline l’Ancien.

Dans la mythologie de la Grèce, pays d’où notre culture descend en grande partie, de nombreuses légendes de l’Antiquité ont pour lien commun, les coquillages. Triton, mi-homme, mi-dauphin, est le fils de Poséidon, dieu de la mer et aussi son premier trompettiste. On le voit souvent en train de souffler dans une large conque, afin de rassembler les esprits des eaux et des rivières autour de son père. Il aurait en outre annoncé la fin du déluge par un coup de sa trompe qui n’était autre qu’un triton de Méditerranée, d’où son nom actuel. Il ne faut pas oublier de mentionner l’ancienne civilisation minoenne de Crète, pendant laquelle on utilisait les tritons de Méditerranée comme trompette dans les cérémonies religieuses.

La légende de la Toison d’Or
Poséidon aperçu dans l’eau, Théophane fille du roi Bisaltes, qu’il enleva dans son char marin vers l’île de Crumisssa, où il espérait la séduire. Après de nombreuses péripéties, celle-ci donna naissance à un agneau couvert d’une toison d’or pur. Jason, dont le nom devait être à jamais associé à la Toison d’Or, demanda audience au roi Pélias pour lui proposer de ramener la Toison d’Or, en échange de son trône. Le marché fut conclu. Jason fit construire un bateau par Argos avec l’aide d’Athéna qu’il appela l’ « Argo ». Il enrôla ensuite 56 des plus grands héros grecs : Pelée et Talamon, Hercule, ainsi que les frères Castor et Pollux, Zétés et Calaïs, Orphée, Tiphys le timonier, ainsi que Atalante, la chasseresse d’Arcadie, seule femme à se joindre à l’équipage appelée « les Argonautes ». Ils rapporteront la Toison d’Or de Colchide en mer Noire, jusqu’en Grèce. Dans beaucoup de légendes mythologiques, on retrouve une part de réalité. La Toison d’Or était un vêtement que l’on fabriquait à l’époque avec le bisus des grandes nacres, très nombreuses en Méditerranée et dont la teinture était extraite de trois espèces de coquillages. En 1758, Linné nomme un céphalopode Argonauta argo, dont la coquille a de loin la forme de l’Argo de Jason.

Dans L’Egypte ancienne, on considérait les porcelaines comme un symbole de fécondité qui devaient les protéger du mauvais sort, car on voyait dans leur aspect un œil à demi fermé, entouré de cils.

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